Emprunter avec son enfant à 70 ans : assurance et quotité
Parent retraité co-emprunteur avec son enfant : l'âge de fin de garantie décès de son assurance borne la durée du prêt et la quotité possible.
Oui, un parent de 70 ans peut emprunter avec son enfant : aucun âge maximum ne figure dans les règles d'octroi du crédit immobilier. Ce qui limite le projet, c'est l'assurance du parent : l'âge auquel sa garantie décès s'arrête fixe la durée du prêt et la part du capital qui peut reposer sur sa tête.
Ce montage à deux générations pose trois questions que le couple d'emprunteurs ne se pose pas dans les mêmes termes. Combien d'années le parent peut-il être assuré ? Quelle part du prêt assurer sur chacun ? Et que reste-t-il à payer pour l'enfant si le parent décède en cours de prêt ?
Peut-on emprunter avec son enfant quand on a 70 ans ?
Oui : les règles qui encadrent l'octroi des crédits immobiliers ne mentionnent pas l'âge de l'emprunteur. La décision du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) du 29 septembre 2021, applicable depuis le 1er janvier 2022, pose deux limites. Le taux d'effort des emprunteurs ne doit pas dépasser 35 %, et la durée du crédit 25 ans, ou 27 ans dans certains cas de différé.
Un parent retraité et son enfant sont donc soumis aux mêmes plafonds qu'un couple de trentenaires. La banque reste libre d'appliquer ses propres critères.
L'obstacle se situe ailleurs. Service-Public.fr rappelle que la banque indique, parmi ses exigences, la hauteur à laquelle le crédit doit être assuré, « à 100 % ou en partie ». Dès qu'une part du prêt est assurée sur la tête du parent, les limites d'âge de son contrat d'assurance entrent en jeu. Ce sont elles qui dessinent le projet.
Pourquoi l'assurance du parent décide-t-elle de la durée du prêt ?
Parce que la garantie décès d'un contrat d'assurance emprunteur cesse à un âge écrit dans ses conditions. Service-Public.fr le précise : cette garantie intervient lorsque le décès a lieu « avant un âge limite ». Si la banque demande que le parent reste couvert jusqu'à la dernière échéance, la durée du prêt ne peut pas dépasser le temps qui sépare son âge actuel de cet âge limite.
Le calcul est une soustraction. Dans un prêt à deux générations, c'est l'âge du parent qui compte, pas celui de l'enfant.
| Âge du parent à la signature | Garantie décès finissant au 80e anniversaire | Au 85e anniversaire | À 90 ans |
|---|---|---|---|
| 65 ans | 15 ans | 20 ans | 25 ans |
| 70 ans | 10 ans | 15 ans | 20 ans |
| 75 ans | 5 ans | 10 ans | 15 ans |
Durées obtenues par simple soustraction, dans la limite des 25 ans du HCSF et à condition que le contrat accepte encore l'adhésion du parent à cet âge. Elles indiquent ce que le contrat permet, pas ce qu'une banque accordera.
Un enfant de 35 ans qui souhaiterait emprunter sur 25 ans avec un parent de 70 ans se heurte à cette arithmétique : le parent aurait 95 ans à la dernière échéance. Dans notre relevé, aucun contrat qui fixe un âge de fin de garantie décès ne va au-delà de l'année des 90 ans ; un contrat renvoie à la date de fin indiquée aux conditions particulières.
Jusqu'à quel âge un parent peut-il adhérer et rester couvert ?
Selon le contrat, l'adhésion à la garantie décès se ferme à un âge compris entre 65 et 86 ans, et la garantie cesse entre le 75e anniversaire et 90 ans. Ces valeurs viennent des documents relevés le 2026-09-06.
Deux âges sont donc à vérifier pour le parent : celui qu'il a le jour de la signature, et celui qu'il aura à la dernière échéance.
| Contrat et réseau | Âge maximum d'adhésion (décès) | Fin de la garantie décès | Document source |
|---|---|---|---|
| BNP Paribas Atout Emprunteur, conventions n° 2456/654 (BNP Paribas, Hello bank!) | non indiqué dans le document cité | 86e anniversaire | Document d’information sur le produit d’assurance (IPID 6552), version 07/2025 |
| Contrat de groupe n° A340G (Banque Populaire) | moins de 65 ans au jour de la signature | 80e anniversaire | Conditions générales / notice d’information, version 06/2021 |
| Contrat de groupe n° 2220N (Caisse d’Épargne) | moins de 65 ans au jour de la signature | Décès : 75e anniversaire — PTIA, ITD et ITT : 65e anniversaire | Note et notice d’information (réf. 16L2220N_V1_SFC), version 2016 (document ancien ou versions divergentes : à vérifier auprès du distributeur) |
| EFFINANCE 0601 D (La Banque Postale) | moins de 70 ans à la signature de la demande | Décès et PTIA accidentelle : 75e anniversaire — PTIA toutes causes : 65e — ITT et invalidité AERAS : mise à la retraite, au plus tard l’échéance suivant le 65e anniversaire | Notice d’information (réf. 01-10933-16), version 06/2015 (document ancien ou versions divergentes : à vérifier auprès du distributeur) |
| AssuRéponse Immo, contrat collectif n° 1001 (Crédit Agricole (Caisses régionales)) | moins de 80 ans | 90 ans — ramené à 80 ans si l’encours assuré chez Predica dépasse 2 000 000 € | Notice d’information complète, version 01/2023 |
| Assurance emprunteur API (Décès + PTIA) (Société Générale) | 18 ans à moins de 65 ans | Décès : 31 décembre qui suit le 85e anniversaire — PTIA : dès la retraite ou préretraite, au plus tard le 31 décembre qui suit le 65e anniversaire | Document d’information sur le produit d’assurance (DIPA), version 12/2025 |
| Contrat Groupe ASSUR-PRÊT (réf. 16.41.58) (Crédit Mutuel (hors Arkéa) et CIC) | 31 décembre de l’année du 75e anniversaire | 31 décembre de l’année du 80e anniversaire | Notice d’information, version 11/2015 (document ancien ou versions divergentes : à vérifier auprès du distributeur) |
| April Assurance de Prêt Horizon (offre 50 ans et +) (April) | 85 ans au 31 décembre de l’année de prise d’effet | 31 décembre du 90e anniversaire | Document d’information sur le produit d’assurance (IPID), version 05/2025 |
| PERENIM (AFI-ESCA (délégation)) | 84 ans | 90e anniversaire | Document d’information sur le produit d’assurance (IPID), version 11/2025 |
| Contrats n° 1350 et n° 1353 (REAPRET) (MNCAP) | moins de 85 ans | 90e anniversaire — Prêt amortissable, relais ou regroupement, capital ≤ 500 000 €. Au-delà, ou pour un prêt in fine, un PTZ ou un prêt professionnel : adhésion avant 65 ans et fin au 75e anniversaire. | Notice d’information, version 06/2022 |
| Garantie Emprunteur Macif, contrat collectif n° 207003 (Macif — contrat géré et distribué par Securimut) | moins de 85 ans | 85e anniversaire | Note d’information détaillée (réf. GEM25050011), version 2025 |
| Super Novaterm Crédit (MetLife (délégation)) | moins de 86 ans au jour de la souscription | Aucun âge fixe au contrat : date de fin indiquée aux conditions particulières | Conditions générales CGSNC27 + note d’information NISNC27, version CG 05/2025, NI 07/2025 |
Relevé documentaire du 2026-09-06 : chaque valeur provient d'une phrase lue dans le document cité. Ce n'est ni un classement ni un relevé de prix. Certaines lignes regroupent le décès et d'autres garanties, avec des âges distincts précisés dans la cellule. Demandez toujours la notice en vigueur avant de vous engager. Le jeu de données complet est publié sur la fiche des limites d'âge en assurance emprunteur.
Les garanties d'arrêt de travail et d'invalidité s'arrêtent beaucoup plus tôt et concernent peu un parent retraité. Pour l'enfant en activité, elles restent en revanche un sujet à part entière.
Quelles quotités sont possibles entre un parent et son enfant ?
Toutes les répartitions existent sur le papier : 100 % sur chacun, 50 % sur chacun, ou une répartition déséquilibrée. La quotité est la part du capital emprunté assurée sur la tête de chaque emprunteur. C'est la banque qui fixe le niveau de couverture qu'elle exige, et l'assureur de chacun qui accepte ou non d'assurer sa part.
Le tableau suppose que la banque demande une couverture d'au moins 100 % du capital au total.
| Répartition parent / enfant | Au décès du parent, l'assureur verse | Reste à rembourser | Ce que cela demande à l'assurance du parent |
|---|---|---|---|
| 100 % / 100 % | La totalité du capital restant dû | Rien | Couvrir tout le prêt jusqu'à la dernière échéance |
| 50 % / 50 % | La moitié du capital restant dû | L'autre moitié | Couvrir la moitié du prêt jusqu'à la dernière échéance |
| 30 % / 70 % | 30 % du capital restant dû | 70 % | Couvrir 30 % du prêt jusqu'à la dernière échéance |
| 0 % / 100 % | Rien | La totalité | Aucune assurance sur le parent |
La dernière ligne est celle où l'âge du parent ne limite plus la durée par l'assurance, puisqu'il n'est pas assuré. Elle suppose que la banque accepte de ne couvrir que l'enfant. Elle a une contrepartie directe : le décès du parent ne rembourse rien.
À l'inverse, plus la part assurée sur le parent est élevée, plus son contrat doit couvrir tard et pour un capital important. La quotité du parent et la durée du prêt se décident donc ensemble, à partir de la notice du contrat qui lui est proposé.
Que se passe-t-il au décès du parent selon la quotité ?
L'assureur verse à la banque la part du capital restant dû qui était assurée sur la tête du parent, et rien de plus. Service-Public.fr indique que l'assurance verse au prêteur le capital restant dû au jour du décès, « selon le montant assuré ».
Le reste du prêt continue. Si le contrat de prêt prévoit la solidarité entre les emprunteurs, l'article 1313 du code civil s'applique : la solidarité « oblige chacun d'eux à toute la dette ». L'enfant co-emprunteur peut donc se voir réclamer seul les mensualités restantes, calculées sur le capital non remboursé par l'assurance.
Avec une quotité de 50 % sur le parent, l'enfant continue de rembourser la moitié du capital restant dû. Avec 100 %, le prêt est soldé. Avec 0 %, l'enfant garde la totalité de la dette, comme avant le décès mais sans les revenus du parent.
Le prêt fait par ailleurs partie des dettes du parent, et sa succession peut compter d'autres héritiers que l'enfant co-emprunteur. Service-Public.fr rappelle que chaque héritier peut accepter la succession, l'accepter à concurrence de l'actif net ou y renoncer, et que l'obligation de payer les dettes du défunt dépend de cette option. La répartition finale entre le co-emprunteur et les héritiers n'est pas décrite ici : c'est le notaire chargé de la succession qui fait le point sur ce qui reste dû et par qui.
Le parent et l'enfant remplissent-ils le même questionnaire de santé ?
Pas nécessairement : la dispense de questionnaire s'apprécie assuré par assuré, et le parent ne peut pas en bénéficier. L'article L. 113-2-1 du code des assurances interdit à l'assureur de demander une information de santé si deux conditions sont réunies. La part assurée sur l'encours cumulé des crédits ne dépasse pas 200 000 € par assuré, et l'échéance de remboursement du crédit est antérieure au 60e anniversaire de l'assuré.
Un enfant de 38 ans qui emprunte sur 20 ans termine à 58 ans : il remplit la condition d'âge. Si sa part assurée reste sous 200 000 €, l'assureur ne peut pas l'interroger sur sa santé. La quotité joue ici un rôle : assuré à 100 % sur un prêt de 250 000 €, sa part assurée dépasse le plafond.
Le parent de 70 ans, lui, aura plus de 60 ans à la dernière échéance. Il répond donc au questionnaire de santé de l'assureur.
S'il présente un risque de santé, la convention AERAS organise l'examen de son dossier. Son site officiel indique qu'elle s'applique aux prêts immobiliers lorsque l'assurance se termine avant le 71e anniversaire de l'emprunteur, pour une part assurée d'au plus 420 000 €. Pour un parent de 70 ans, tout prêt de plus d'un an dépasse cette borne : son dossier est alors étudié selon les règles propres à chaque assureur.
Quelles alternatives si l'assurance du parent bloque le projet ?
Quatre pistes existent, que cette page se borne à nommer. Chacune a des conséquences patrimoniales et familiales qui se discutent avec la banque et avec un notaire.
- Raccourcir la durée, pour ramener la dernière échéance sous l'âge de fin de garantie décès du parent. La mensualité augmente, et le taux d'effort de 35 % doit encore être respecté.
- Réduire ou supprimer la quotité du parent, si la banque l'accepte. La protection de l'enfant en cas de décès du parent diminue d'autant.
- Remplacer le co-emprunt par une caution du parent. Dans son principe, la caution s'engage envers la banque à payer si l'emprunteur ne le fait pas, sans être elle-même emprunteuse ; le régime exact de cet engagement n'est pas détaillé ici. Le site de la convention AERAS cite les cautions et les hypothèques parmi les garanties alternatives que le prêteur examine en cas de refus d'assurance.
- Aider autrement, par exemple par une donation qui augmente l'apport de l'enfant. Les règles civiles et fiscales de la donation ne sont pas abordées ici ; le sujet est traité dans notre page sur la donation immobilière et le crédit senior.
Michel, 70 ans, et sa fille Claire, 38 ans
Situation type, construite pour illustrer le raisonnement. Elle ne décrit pas un dossier réel.
Michel, retraité, veut aider sa fille à acheter en empruntant avec elle sur 20 ans. La banque propose son contrat d'assurance, avec une quotité de 50 % sur chacun. Michel aurait 90 ans à la dernière échéance.
La notice du contrat proposé indique une garantie décès qui cesse au 80e anniversaire. Avec ce contrat, Michel ne peut être couvert que dix ans. Le blocage ne vient ni de son âge ni de sa pension, mais de la durée demandée avec ce contrat précis.
Trois issues se présentent. Ramener le prêt à dix ans, si le budget supporte la mensualité. Présenter pour Michel un contrat dont la garantie décès court jusqu'à 90 ans, comme il en figure dans le tableau ci-dessus. Ou assurer Claire seule à 100 %, si la banque l'accepte : le prêt peut alors durer 20 ans, mais le décès de Michel ne rembourserait rien.
Côté santé, Claire terminera le prêt à 58 ans. Si sa part assurée ne dépasse pas 200 000 €, l'assureur ne peut pas lui demander d'information médicale. Michel, lui, remplit le questionnaire.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Un parent retraité peut-il être co-emprunteur avec son enfant ?
Quelle durée de prêt quand le parent a 70 ans ?
Le parent est-il obligé d'être assuré ?
Que doit payer l'enfant si le parent décède avec une quotité de 50 % ?
Que se passe-t-il si c'est l'enfant qui décède ?
L'enfant doit-il remplir un questionnaire de santé ?
Pour aller plus loin
Cette page traite du prêt contracté par un parent et son enfant en leur nom propre. Le couple d'emprunteurs et l'achat par une société familiale obéissent à d'autres logiques.
- Quotité d'assurance emprunteur en couple senior
- SCI familiale et crédit senior
- Prêt immobilier senior : jusqu'à quel âge emprunter ?
- Prêt immobilier senior sans assurance : les montages possibles
- L'assureur refuse de payer après un décès : que vérifier
Cette page est informative. Elle ne constitue pas un conseil personnalisé : seule l'étude de votre dossier par un prêteur, un assureur et, pour les questions de succession, un notaire permet de connaître les conditions qui vous seront proposées.
Sources officielles
- senior-emprunteur.fr — Relevé des limites d'âge en assurance emprunteur (contrats nommés, documents sources) ↗
- Légifrance — Haut Conseil de stabilité financière, décision du 29 septembre 2021 relative aux conditions d'octroi de crédits immobiliers ↗
- Service-Public.fr — Assurance emprunteur d'un prêt immobilier, vérifié le 20 mai 2025 ↗
- Service-Public.fr — Assurer un prêt immobilier : que sont la garantie décès, invalidité, incapacité ?, vérifié le 2 mai 2024 ↗
- Légifrance — Article L. 113-2-1 du code des assurances (questionnaire de santé) ↗
- Convention AERAS — Les prêts concernés ↗
- Légifrance — Article 1313 du code civil (solidarité entre débiteurs) ↗
- Service-Public.fr — Accepter ou renoncer à la succession (option successorale), vérifié le 3 avril 2025 ↗
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