Senior Emprunteur

Questionnaire de santé assurance emprunteur senior 2026

Questionnaire de santé assurance emprunteur 2026 : suppression loi Lemoine, antécédents, droit à l'oubli, fausse déclaration, AERAS. Guide seniors 55-85 ans.

Par Jérémy Chevalier Publié le Mis à jour le

Le questionnaire de santé est l'élément central de la souscription d'une assurance emprunteur, particulièrement après 55 ans. C'est aussi le document le plus mal rempli, par méconnaissance ou par crainte. Une omission peut entraîner la nullité du contrat (article L113-8 du Code des assurances), ruinant la protection des héritiers en cas de sinistre.

Ce guide détaille concrètement quels antécédents déclarer, quels exemptions prévoit la loi Lemoine, comment activer le droit à l'oubli, et quels pièges éviter en 2026.

À quoi sert le questionnaire de santé

Le questionnaire de santé permet à l'assureur d'évaluer le risque actuariel que représente votre profil. Il sert à trois choses :

  1. Calculer la prime (avec ou sans surprime selon antécédents).
  2. Identifier les exclusions de garanties éventuelles.
  3. Prouver la bonne foi de l'assuré en cas de sinistre.

Sans questionnaire, l'assureur ne peut pas accepter de couvrir le risque (sauf cas spécifiques de la loi Lemoine, voir ci-dessous).

Suppression du questionnaire : conditions loi Lemoine

Depuis le 1er juin 2022, le questionnaire est supprimé si les deux conditions cumulatives suivantes sont réunies :

  1. Part assurée cumulée ≤ 200 000 € par assuré (ou 400 000 € pour un couple en quotité 50/50).
  2. Fin du remboursement prévue avant le 60e anniversaire de l'assuré (article L. 113-2-1 du Code des assurances).

Pour la majorité des seniors, le questionnaire reste obligatoire

La deuxième condition (fin avant 60 ans) est presque jamais remplie pour un emprunteur senior. Si vous empruntez à 55 ans pour un prêt qui se termine après vos 60 ans (cas standard), le questionnaire reste obligatoire. Pour les seniors, ce sont essentiellement la convention AERAS et le droit à l'oubli qui prennent le relais.

Voir notre guide complet loi Lemoine et seniors

Antécédents à déclarer obligatoirement

Le questionnaire couvre 5 grandes catégories :

1. Antécédents médicaux personnels

  • Pathologies chroniques : HTA, diabète, asthme, BPCO, insuffisance rénale, etc.
  • Cancers (sauf droit à l'oubli applicable, voir plus loin).
  • Antécédents cardio-vasculaires : infarctus, AVC, AOMI, FA.
  • Antécédents psychiatriques : dépression, troubles bipolaires, schizophrénie.
  • Pathologies neurologiques : SEP, Parkinson, épilepsie.
  • Hépatites virales (B et C).

2. Traitements en cours

Liste exhaustive des médicaments pris quotidiennement, avec posologie. Inclus : antihypertenseurs, antidiabétiques, antidépresseurs, anticoagulants, etc.

3. Consommations à risque

  • Tabac (cigarette, cigare, e-cigarette avec nicotine, tabac chauffé).
  • Alcool si consommation excessive ou ATCD d'alcoolisme.
  • Toxicomanies anciennes ou actuelles.

4. Données anthropométriques

  • Poids, taille (calcul IMC).
  • Tour de taille (de plus en plus demandé).

5. Antécédents familiaux

Pour certaines pathologies à composante héréditaire forte :

Le droit à l'oubli en pratique

Le droit à l'oubli est l'une des avancées majeures de la loi Lemoine. Il s'applique à deux pathologies précises, en l'absence de rechute et pour un prêt arrivant à terme avant le 71e anniversaire (convention AERAS) :

Cancers

  • Délai : 5 ans après la fin du protocole thérapeutique actif (chirurgie, radio, chimio).
  • Hormonothérapie d'entretien (tamoxifène, anastrozole, létrozole) : ne décale PAS le compteur, le délai démarre à la fin des traitements actifs.
  • Toutes localisations : sein, prostate, colon, poumon, mélanome, lymphome, etc.

Hépatite C

  • Délai : 5 ans après la fin du traitement antiviral et obtention d'une réponse virologique soutenue (RVS, PCR ARN-VHC négative à 12 et 24 semaines).

Comment activer le droit à l'oubli

Si vous remplissez les conditions, vous pouvez légalement répondre "non" au questionnaire de santé sur la question des antécédents de cancer ou d'hépatite C. Aucun document n'est obligatoire, mais conservez une attestation médicale datée pour vous protéger en cas de contestation post-souscription.

Détails du droit à l'oubli

Conséquences d'une fausse déclaration

L'article L113-8 du Code des assurances sanctionne la fausse déclaration intentionnelle par la nullité du contrat. Concrètement :

  • En cas de sinistre (décès, invalidité), l'assureur peut refuser l'indemnisation et les héritiers paient seuls le crédit restant dû.
  • Les primes versées sont conservées par l'assureur à titre de pénalité.
  • L'assureur peut même engager une procédure pour fraude.

La fausse déclaration non intentionnelle (oubli de bonne foi) est moins lourdement sanctionnée : seule une réduction proportionnelle de l'indemnisation est appliquée. Mais la frontière entre intentionnel et non-intentionnel est mince devant un tribunal.

Règle d'or : déclarez TOUT ce qui figure dans votre dossier médical, même si vous le jugez bénin. C'est l'analyse de risque de l'assureur qui décide si une donnée est anodine ou pas.

Comment optimiser un questionnaire complexe

Joindre des justificatifs médicaux

Pour chaque antécédent, joignez les pièces justificatives :

  • Compte rendu d'hospitalisation initial.
  • Bilans biologiques récents (HbA1c, créatinine, NFS, etc.).
  • Examens d'imagerie de surveillance (IRM, scanner, écho).
  • Lettre de synthèse du médecin spécialiste référent.

Un dossier complet et structuré permet au médecin-conseil de l'assureur d'évaluer votre situation réelle plutôt que de trancher faute d'information.

Demander le passage en niveau 2 AERAS si refus initial

Si votre dossier n'aboutit pas en niveau 1, la convention prévoit son réexamen en niveau 2 sans démarche de votre part. Si le courrier de l'assureur ne le mentionne pas, demandez par écrit le passage en niveau 2 AERAS.

Convention AERAS niveau 2 : démarches détaillées

Mettre en concurrence plusieurs assureurs

Sur un même dossier médical complexe, chaque assureur applique son propre barème : la surprime proposée peut varier nettement de l'un à l'autre. La mise en concurrence systématique de 3-5 délégations senior est indispensable.

Cas pratique : 65 ans avec antécédents multiples

Profil : Homme, 65 ans, hypertension équilibrée sous bithérapie, diabète type 2 sous metformine (HbA1c 6,8 %), surpoids modéré (IMC 31), ex-cancer prostate diagnostiqué à 58 ans, fin de protocole il y a 7 ans, surveillance PSA stable.

AntécédentDéclarationPièces à joindre
Cancer de la prostateNon déclaré : droit à l'oubli, protocole terminé depuis plus de 5 ansAttestation médicale datée, à conserver
HTAOuiAuto-mesure tensionnelle sur 3 jours
DiabèteOui3 derniers HbA1c, microalbuminurie
SurpoidsOuiIMC mesuré, tour de taille

Chaque antécédent déclaré peut donner lieu à une surprime, que chaque assureur fixe selon son propre barème. Nous ne disposons d'aucun relevé de prix permettant de la chiffrer.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le questionnaire de santé est-il obligatoire pour un senior ?
Oui, dans la quasi-totalité des cas. La suppression prévue par la loi Lemoine ne s'applique que si le prêt se termine avant les 60 ans de l'emprunteur ET si le capital assuré est ≤ 200 000 €/tête. Pour un emprunteur de 55 ans ou plus, la première condition est rarement remplie. Le questionnaire reste donc d'usage.
Doit-on déclarer un antécédent médical guéri depuis longtemps ?
Oui, sauf droit à l'oubli applicable. Pour les cancers et l'hépatite C, le droit à l'oubli vous dispense de déclaration 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, si le prêt arrive à terme avant votre 71e anniversaire. Pour toute autre pathologie (cardio-vasculaire, métabolique, auto-immune, psychiatrique), la déclaration reste obligatoire même si vous êtes guéri. L'assureur analysera le risque résiduel à long terme.
Que se passe-t-il en cas d'omission involontaire ?
L'article L113-9 du Code des assurances prévoit la réduction proportionnelle de l'indemnisation en cas de fausse déclaration non intentionnelle (oubli de bonne foi). En revanche, si l'assureur peut prouver l'intention de tromper (article L113-8), c'est la nullité du contrat qui s'applique : les héritiers paient seuls le crédit. La frontière est mince ; mieux vaut tout déclarer.
Quels documents joindre au questionnaire ?
Pour chaque antécédent : compte rendu initial, comptes rendus de suivi des 24 derniers mois, bilan biologique récent (< 6 mois), examens d'imagerie de surveillance, liste des traitements en cours avec posologies. Pour les antécédents cardio-vasculaires : ajouter ECG et écho cardiaque. Pour les cancers : ajouter compte rendu anatomopathologique et lettre de synthèse de l'oncologue.
Le médecin de l'assureur peut-il accéder à mon dossier médical complet ?
Non, sauf consentement explicite de votre part. Le médecin-conseil de l'assureur examine uniquement les pièces que vous transmettez avec votre questionnaire. En cas de sinistre toutefois, l'assureur peut demander l'accès au dossier médical complet pour vérifier la conformité de vos déclarations initiales, c'est à ce moment qu'une omission peut être détectée.
Le tour de taille est-il vraiment pris en compte ?
De plus en plus oui. Un tour de taille > 102 cm (homme) ou > 88 cm (femme) signale une obésité abdominale plus à risque cardiovasculaire qu'une obésité gynoïde, et peut conduire l'assureur à majorer la surprime sur les profils IMC limite. Demandez à votre médecin traitant de mesurer et noter le tour de taille dans son courrier de synthèse.

Pour aller plus loin

Sources et références

Sources officielles