Senior Emprunteur

Assurance emprunteur et surpoids après 55 ans

Surpoids et obésité chez le senior : comment l'IMC est lu par l'assureur, complications associées, convention AERAS, dossier médical à constituer.

Par Jérémy Chevalier Publié le Mis à jour le

Le surpoids n'empêche pas d'assurer un prêt immobilier, mais aucun texte ne dit à partir de quel poids un assureur applique une surprime, ni de combien. Chaque assureur a son propre barème, qu'il ne publie pas. La grille de référence AERAS ne contient aucune ligne sur le surpoids ou l'obésité.

Le sujet concerne beaucoup d'emprunteurs. Selon une enquête nationale de 2020 citée par l'Assurance Maladie, le surpoids concerne 47 % des adultes français et 17 % souffrent d'obésité (la page ne précise pas si le premier chiffre inclut le second). La part des adultes obèses a doublé depuis 1997, où elle était de 8,5 %.

Comment l'IMC est-il utilisé par les assureurs ?

Comme un premier repère, calculé à partir du poids et de la taille que vous déclarez. L'indice de masse corporelle (IMC) est le poids en kilogrammes divisé par le carré de la taille en mètres. L'Assurance Maladie en donne les catégories suivantes.

IMC (kg/m²)Catégorie
Inférieur à 18,5Insuffisance pondérale
De 18,5 à moins de 25Corpulence normale
De 25,0 à 29,9Surpoids
De 30,0 à 34,9Obésité modérée (classe I)
De 35,0 à 39,9Obésité sévère (classe II)
Supérieur à 40Obésité massive (classe III)

Source : Assurance Maladie, page du 23 janvier 2026. Ces catégories sont médicales : elles ne correspondent à aucun barème d'assurance.

Aucune source publique n'associe ces catégories à un niveau de surprime. Les barèmes sont propres à chaque assureur et confidentiels. Nous ne publions donc pas de pourcentage par tranche d'IMC : nous n'avons aucun relevé de devis pour en fonder un.

Qu'est-ce qui pèse autant que l'IMC dans le dossier ?

Les maladies que l'excès de poids favorise. L'Assurance Maladie cite, parmi les complications de l'obésité :

  • le diabète de type 2 (voir notre guide diabète) ;
  • l'hypertension artérielle (voir notre guide HTA) ;
  • les anomalies du cholestérol et des triglycérides ;
  • les apnées du sommeil ;
  • la stéatose hépatique, c'est-à-dire une accumulation de graisse dans le foie ;
  • les maladies cardiovasculaires : maladie coronaire, infarctus, insuffisance cardiaque, AVC, artérite des jambes.

Chacune de ces maladies se déclare séparément au questionnaire de santé, si une question la vise. Un excès de poids sans complication et un excès de poids avec un diabète ne forment donc pas le même dossier.

Le tour de taille

Un tour de taille élevé traduit une accumulation de graisse au niveau de l'abdomen, indique l'Assurance Maladie. Si votre formulaire le demande en plus du poids et de la taille, mesurez-le plutôt que de l'estimer.

L'évolution du poids

Si le questionnaire porte sur une variation de poids récente, répondez exactement à la question posée, avec les dates.

Le surpoids figure-t-il dans la grille AERAS ?

Non. La grille de référence AERAS, dans son édition de septembre 2023, ne contient aucune ligne sur le surpoids ou l'obésité. Aucun délai ni plafond de surprime propre à l'IMC n'est donc opposable à un assureur.

La convention AERAS s'applique quand même, par son réexamen en trois niveaux. Si votre état de santé ne permet pas un tarif standard au premier niveau, le dossier passe au deuxième, où le médecin de l'assureur peut demander des documents médicaux. Un troisième niveau, confié à un groupe de réassureurs, suppose une part assurée d'au plus 420 000 € et un contrat qui prend fin avant vos 71 ans (Service-Public.fr, vérifié le 7 mai 2025).

Ces niveaux sont des étapes d'étude du dossier. Ils ne classent pas les emprunteurs par IMC.

Quelles pièces réunir pour un dossier avec un IMC élevé ?

Celles qui montrent l'absence de complication, ou leur contrôle. Le médecin de l'assureur peut demander des documents médicaux dès le deuxième niveau d'examen : les préparer évite des allers-retours.

  • un bilan sanguin récent : glycémie, cholestérol et triglycérides ;
  • un relevé de tension artérielle ;
  • le compte rendu de l'enregistrement du sommeil, si des apnées ont été recherchées ou sont traitées ;
  • un courrier de votre médecin traitant, daté, qui précise l'évolution du poids et le suivi des maladies associées ;
  • le compte rendu opératoire et le suivi, si vous avez eu une chirurgie de l'obésité.
Recevoir le comparatif mensuel par email

Veille gratuite : évolutions législatives, baromètre tarifs, droits AERAS. Désabonnement en 1 clic.

Faut-il déclarer une chirurgie de l'obésité ?

Oui, dès qu'une question du formulaire porte sur vos interventions chirurgicales ou vos hospitalisations. Indiquez le type d'intervention, sa date et l'évolution de votre poids depuis.

Aucun texte ne fixe de délai après une chirurgie de l'obésité pour retrouver un tarif standard. Les durées d'un an ou de cinq ans que l'on lit ailleurs ne viennent d'aucune source publique : nous ne les reprenons pas.

Ne décrivez pas l'intervention de façon vague pour en atténuer la portée. L'article L. 113-8 du code des assurances prévoit la nullité du contrat en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle.

Quelle surprime attendre avec un IMC élevé ?

Aucune source publique ne permet de la chiffrer : il n'existe ni barème officiel, ni relevé de devis publié sur le surpoids. Le tableau indique seulement dans quel sens chaque élément du dossier joue, d'après ce que l'Assurance Maladie décrit des risques liés à l'excès de poids.

Élément du dossierSens de l'effet sur l'étude du dossier
Surpoids sans maladie associéePlutôt favorable
Poids stable, suivi médical régulierPlutôt favorable
Bilan sanguin et tension dans les normesPlutôt favorable
Obésité sévère ou massiveDéfavorable
Diabète, hypertension ou apnées du sommeil associésDéfavorable
Maladie cardiovasculaire associéeDéfavorable ; refus possible

Ordres de grandeur éditoriaux, non issus d'un relevé de devis.

Une seule limite chiffrée existe, et elle ne dépend pas de l'IMC. Sous conditions de ressources, la convention AERAS plafonne la cotisation d'assurance à 1,4 point dans le taux annuel effectif global du prêt. Le revenu du foyer ne doit pas dépasser 1 à 1,5 fois le plafond annuel de la sécurité sociale selon le nombre de parts fiscales, pour un prêt d'au plus 420 000 € de part assurée, achevé avant le 71e anniversaire (aeras-infos.fr).

Quels assureurs étudient ce type de dossier ?

Tous ceux qui proposent de l'assurance emprunteur : la convention AERAS et son réexamen en trois niveaux ne dépendent pas de l'assureur choisi.

Nous ne publions pas de classement des assureurs sur les profils en surpoids : aucune donnée publique ne permet d'en établir un. Service-Public.fr rappelle que les pratiques varient d'un assureur à l'autre. Présenter un dossier identique à plusieurs assureurs, directement ou par un courtier, permet de comparer des propositions écrites, qu'il s'agisse du contrat de votre banque ou d'un contrat individuel.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

À partir de quel IMC une surprime apparaît-elle ?
Aucun texte ne fixe de seuil. Chaque assureur applique son propre barème, qu'il ne publie pas, et la grille de référence AERAS ne contient aucune ligne sur le surpoids ou l'obésité. Médicalement, l'Assurance Maladie définit le surpoids par un IMC compris entre 25,0 et 29,9 kg/m², et l'obésité par un IMC égal ou supérieur à 30,0 kg/m². Seule une demande nominative vous donnera la réponse d'un assureur.
Une perte de poids peut-elle améliorer le dossier ?
Elle modifie l'IMC que vous déclarez, et donc le premier repère lu par l'assureur. Aucune source publique ne chiffre l'effet sur le tarif. Si votre formulaire interroge sur une variation de poids récente, répondez avec les dates. Un courrier de votre médecin traitant précisant l'évolution du poids et le suivi des maladies associées complète utilement le dossier.
Faut-il déclarer une chirurgie de l'obésité passée ?
Oui, dès qu'une question du formulaire porte sur vos interventions ou vos hospitalisations. Indiquez le type d'intervention, la date et l'évolution du poids. L'article L. 113-8 du code des assurances prévoit la nullité du contrat en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle. Aucun texte ne fixe de délai après l'intervention pour retrouver un tarif standard.
Le surpoids relève-t-il de la convention AERAS ?
La convention s'applique dès que votre état de santé ne permet pas d'obtenir un tarif standard, quelle qu'en soit la cause. Votre dossier est alors réexaminé à un deuxième niveau, puis à un troisième si la part assurée ne dépasse pas 420 000 € et si le contrat prend fin avant vos 71 ans. La grille de référence, elle, ne contient aucune ligne sur le surpoids ou l'obésité.
Apnées du sommeil traitées : quelle incidence sur le dossier ?
Les apnées du sommeil font partie des complications de l'obésité citées par l'Assurance Maladie. Elles se déclarent si une question du formulaire les vise, qu'elles soient traitées ou non. Aucune source publique ne chiffre leur effet sur le tarif. Joignez le compte rendu de l'enregistrement du sommeil et le suivi du traitement : ils documentent une maladie prise en charge.

Trois pièges à éviter dans la déclaration du poids

  1. Sous-déclarer son poids. Une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (article L. 113-8 du code des assurances). Pesez-vous avant de remplir le formulaire.

  2. Passer sous silence une maladie associée. Un diabète, une hypertension ou des apnées du sommeil se déclarent dès qu'une question les vise. Une omission de bonne foi, découverte après un sinistre, réduit l'indemnité en proportion (article L. 113-9 du même code).

  3. Envoyer un dossier sans bilan récent. Le médecin de l'assureur peut demander des documents médicaux. Un bilan sanguin et un relevé de tension récents répondent d'avance à ses questions.

Pour aller plus loin

Sources

Sources consultées le 10 octobre 2026, avec ce que chacune fonde dans cette page.

Sources officielles