Senior Emprunteur

Grille de référence AERAS 2026 : liste des pathologies

La grille de référence AERAS en vigueur date de septembre 2023 : cancers, hépatite C, VIH, épilepsie, mucoviscidose. Aucune maladie cardiovasculaire.

Par Jérémy Chevalier Publié le

La grille de référence AERAS liste un petit nombre de pathologies pour lesquelles l'assureur d'un prêt doit vous couvrir sans surprime ni exclusion, ou avec une surprime plafonnée. L'édition publiée sur le site officiel de la convention au 10 octobre 2026 est celle de septembre 2023.

Cette grille est courte, et c'est la première chose à savoir. Beaucoup d'emprunteurs y cherchent leur infarctus, leur diabète ou leur hypertension, et ne les trouvent pas. Ils n'y figurent pas. Cette page décrit ce que la grille contient, ce qu'elle ne contient pas, et ce qui s'applique dans le second cas.

Qu'est-ce que la grille de référence AERAS ?

C'est un tableau public qui fixe, pathologie par pathologie, les conditions auxquelles un assureur ne peut plus majorer votre tarif ni exclure une garantie. Elle fait partie de la convention AERAS — pour « s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé » — signée par l'État, les banques, les assureurs et des associations de malades.

Son existence est prévue par la loi. L'article L. 1141-5 du code de la santé publique confie à la convention le soin de fixer ces délais « conformément à une grille de référence », rendue publique et mise à jour selon les progrès thérapeutiques. Elle s'appuie sur des propositions de l'Institut national du cancer.

Selon le site officiel de la convention, un groupe de travail réunissant des médecins d'assurance, des associations et des agences de l'État la rédige à partir des données scientifiques disponibles. Le texte est ensuite soumis à la Commission de suivi et de propositions de la convention.

Quelle version de la grille est en vigueur en 2026 ?

L'édition de septembre 2023. C'est le document que le site officiel aeras-infos.fr propose au téléchargement à la date du 10 octobre 2026, et celui auquel renvoie l'Institut national du cancer sur sa page mise à jour le 31 août 2026.

Cette édition a été approuvée par la Commission de suivi et de propositions lors de sa réunion du 23 juin 2023. Ses nouvelles modalités s'appliquent depuis le 1er septembre 2023, d'après le communiqué de la Commission daté du 20 septembre 2023. La rubrique d'actualités de la Commission ne mentionne aucune révision de la grille après cette date. La signature d'un avenant à la convention y est annoncée le 5 juillet 2024, mais il n'est pas présenté comme une modification de la grille.

Il n'existe donc pas de « grille 2026 » distincte. Si vous lisez ailleurs une liste datée de 2026, vérifiez qu'elle correspond bien au document officiel.

Quelles pathologies figurent dans la partie I, sans surprime ni exclusion ?

Des cancers à un stade précoce, l'hépatite virale C, l'infection par le VIH et une forme d'épilepsie. Pour chacune, la grille fixe des conditions cumulatives : le stade au diagnostic, le traitement reçu, et un délai sans rechute. Ce délai court à partir de la fin du protocole thérapeutique pour les cancers, ou du diagnostic et de la mise en route du traitement pour les maladies chroniques.

Le tableau reprend les dix pathologies de la partie I, telles qu'elles figurent dans l'édition de septembre 2023, relue ligne par ligne le 10 octobre 2026. Les conditions y sont résumées : seul le texte de la grille fait foi.

PathologieSituation viséeDélai d'accès
Cancer du testiculeSéminome pur, stade I3 ans
Cancer du sein in situCarcinome lobulaire ou canalaire in situ strict, ou carcinome canalaire in situ avec micro-invasion d'au plus 1 mm sans ganglion envahi ; traitement selon le consensus HAS/INCa1 an
Mélanome de la peauMélanome in situ pur ou de niveau I de Clark, exérèse complète, absence de syndrome des nævi dysplasiques1 an
Cancer du col de l'utérusClasse CIN III (ou HSIL) ou in situ pur, traitement de référence et surveillance selon les recommandations de la HAS1 an
Cancer du côlon et du rectumStade Tis (stade 0), plus de 50 ans au diagnostic1 an
Cancer du côlon et du rectumStade I limité à T1N0M0, adénocarcinome, plus de 50 ans au diagnostic4 ans
Cancer de la thyroïdePapillaire ou vésiculaire : stade I avant 45 ans au diagnostic, stade I ou II à 45 ans ou plus3 ans
Leucémie aiguë promyélocytaire (LAM3)Quel que soit le nombre de leucocytes au diagnostic, traitement réalisé3 ans
Hépatite virale CFibrose initiale d'au plus F2, réponse virale soutenue, pas d'épisode antérieur, pas de co-infection par le VIH ou le virus de l'hépatite B, échographie du foie normale24 semaines
Infection par le VIHCharge virale indétectable un an après le début du traitement, CD4 d'au moins 500/mm³, et une série de critères d'absence (co-infection, maladie coronarienne, AVC, cancer récent, arrêt de travail en cours)1 an ; couverture du prêt limitée à 25 ans, et 35 ans au plus entre le début du traitement et la fin du contrat
Épilepsie sans lésion causale évolutive identifiéeAucune crise depuis au moins 5 ans, aucun traitement antiépileptique depuis au moins 2 ans2 ans

Source : grille de référence AERAS, édition de septembre 2023, partie I. Pour les cancers, délais comptés à partir de la fin du protocole thérapeutique, sans rechute.

Ces délais ne valent que si rien d'autre ne pèse sur le dossier. La grille précise que ses conditions s'entendent en l'absence d'autres facteurs de risque ou d'autres pathologies, qui sont appréciés séparément.

Quelles pathologies figurent dans la partie II, avec une surprime plafonnée ?

Des maladies chroniques, des cancers et des tumeurs cérébrales pour lesquels l'assurance reste possible à des conditions proches du standard. La partie II fixe le plus souvent un taux de surprime maximal, et peut prévoir des limitations de garantie. Deux lignes, l'astrocytome pilocytique et le cancer de la prostate traité, sont prévues sans surprime. Elle s'applique après une période de traitement et de suivi définie pour chaque pathologie.

PathologieSituation visée et délaiCe que la grille prévoit
Hépatite virale C chronique, fibrose F324 semaines après la fin du traitement, réponse virale soutenue, sans évolution vers une cirrhoseDécès et PTIA : surprime plafonnée à 125 %. GIS non proposée
Astrocytome pilocytique de grade IDiagnostic entre 21 et 60 ans, chirurgie seule avec exérèse complète, 4 ans après la chirurgieDécès et PTIA sans surprime. GIS sans surprime en l'absence de complications ou de séquelles
Leucémie myéloïde chroniqueTraitement en cours, transcrit bcr-abl indétectable depuis 36 mois, 5 ans après le diagnosticDécès, PTIA et GIS : surprime plafonnée à 150 %
Leucémie ou lymphome de Burkitt (LAL3)60 ans au plus, traitement réalisé, 5 ans après le diagnosticDécès, PTIA et GIS : surprime plafonnée à 50 %
MucoviscidoseEmprunteur de 18 à 40 ans, non transplanté, autres conditions cumulatives ; prêt de 10 ans au plusDécès : surprime plafonnée à 400 %. PTIA et GIS non proposées
Adénocarcinome de la prostate en surveillance active55 ans ou plus au diagnostic, stade T1c au plus, PSA d'au plus 10 ng/mL, score de Gleason d'au plus 6, aucun traitement ; sans délaiDécès et PTIA : surprime limitée à 75 %. GIS non proposée
Adénocarcinome de la prostate traitéStade T1N0M0 ou T2aN0M0, PSA inférieur à 10 ng/mL et Gleason d'au plus 6, PSA bas après prostatectomie, radiothérapie ou curiethérapie ; 1 anDécès et PTIA sans surprime. GIS sans surprime en l'absence de complications ou de séquelles
Cancer du sein infiltrantStade I (pT1N0M0), grade SBR I ou II, activité reprise depuis au moins un an ; 3 ansDécès, PTIA, incapacité et invalidité : surprime plafonnée à 100 %
Leucémie lymphoïde chroniqueDétectée entre 25 et 70 ans, stade A de Binet, sans traitement nécessaire à la souscriptionSurprime plafonnée à 100 %, couverture du prêt de 15 ans au plus
Méningiome cérébral de grade I opéréRésection complète, sans récidive ni radiothérapie ni déficit ; 2 ans après la chirurgieSurmortalité temporaire de 6 pour mille par an du capital restant dû, jusqu'à 5 ans après la chirurgie
Méningiome cérébral « non évolutif »Stable à l'imagerie depuis 5 ans, sans déficit cognitif ou neurologiqueSurmortalité temporaire de 6 pour mille par an du capital restant dû, jusqu'à 10 ans
Épilepsie traitée, sans lésion causale évolutive identifiéeAucune crise depuis au moins 3 ansDécès et PTIA : surprime limitée à 50 %
Épilepsie traitée, crises limitées au sommeil ou sans rupture de contactAucune crise généralisée tonico-clonique depuis au moins 3 ansDécès, PTIA et GIS : surprime limitée à 50 %, la GIS supposant l'exercice effectif d'une profession

Source : grille de référence AERAS, édition de septembre 2023, partie II. Conditions résumées : seul le texte de la grille fait foi. La PTIA est la perte totale et irréversible d'autonomie. La GIS, ou garantie invalidité spécifique, est une garantie propre à la convention AERAS : elle couvre une incapacité définitive de travailler avec un taux d'invalidité d'au moins 70 %.

Une surprime est un supplément ajouté à la cotisation de base. « Plafonnée à 150 % » se lit donc comme un supplément d'au plus une fois et demie cette cotisation, pour la pathologie concernée. La grille ne détaille pas le calcul. Ce n'est pas un tarif : c'est un maximum, et l'assureur peut proposer moins.

L'infarctus, l'AVC, l'hypertension ou le diabète figurent-ils dans la grille ?

Non. Aucune ligne de la grille de référence ne porte sur une pathologie cardiovasculaire, ni sur le diabète. L'infarctus du myocarde, l'AVC (accident vasculaire cérébral), l'hypertension artérielle, les troubles du rythme et les maladies des valves cardiaques n'y ont pas de ligne.

Ces mots apparaissent une seule fois dans le document, et à l'inverse de ce que l'on espère : comme critères d'exclusion. La ligne du VIH exige l'absence de maladie coronarienne et d'AVC, celle de la mucoviscidose l'absence de diabète.

Cette absence est souvent mal comprise, parce que beaucoup de pages parlent de « grille AERAS » pour toute pathologie. Or la grille de référence est un document précis, limité aux lignes qu'il contient. Les délais ou les surprimes que vous lisez ailleurs pour un infarctus ne viennent pas de ce document.

Ces pathologies restent couvertes par la convention AERAS elle-même. Votre demande est examinée en trois niveaux successifs, détaillés plus bas. Nos pages dédiées expliquent ce que l'assureur regarde : après un infarctus, après un AVC ou avec un diabète.

Pourquoi la plupart des cancers n'ont-ils pas de ligne dans la grille ?

Parce que le droit à l'oubli les couvre déjà tous au bout de cinq ans. Pour les crédits relevant de la convention AERAS, l'article L. 1141-5 du code de la santé publique fixe un maximum : le délai au-delà duquel l'assureur ne peut plus recueillir d'information médicale sur un cancer ou une hépatite virale C ne peut pas dépasser cinq ans à compter de la fin du protocole thérapeutique.

La grille n'a donc d'intérêt, pour un cancer, que si elle prévoit mieux que le droit à l'oubli : un délai inférieur à cinq ans, ou une surprime plafonnée avant ce terme. C'est pourquoi sa partie I vise surtout des cancers découverts tôt, in situ ou au stade I.

Droit à l'oubliGrille de référence
PathologiesTous les cancers et l'hépatite virale CLes seules pathologies listées, sous conditions de stade et de traitement
DélaiPlus de 5 ans après la fin du protocole, sans rechuteFixé ligne par ligne
DéclarationLa pathologie n'a pas à être déclaréeLa pathologie est déclarée au questionnaire de santé
EffetNi surprime ni exclusionPartie I : ni surprime ni exclusion. Partie II : surprime plafonnée
Condition d'âgeContrat d'assurance finissant avant le 71e anniversaireContrat d'assurance finissant avant le 71e anniversaire

Sources : site officiel de la convention AERAS et Service-Public.fr. La condition d'âge vient de la convention : l'article L. 1141-5 du code de la santé publique fixe le délai de cinq ans et ne mentionne pas d'âge.

Le détail du premier dispositif figure dans notre page sur le droit à l'oubli en assurance emprunteur.

À quelles conditions la grille s'applique-t-elle à votre prêt ?

À trois conditions, qui tiennent au prêt et non à la maladie. Le site officiel de la convention les énonce ainsi.

  1. Le type de prêt. La grille concerne les prêts immobiliers et les prêts professionnels destinés à l'achat de locaux ou de matériel.
  2. Le montant. La part assurée ne doit pas dépasser 420 000 € sur l'encours cumulé de vos prêts. Pour une résidence principale, les crédits relais ne sont pas comptés.
  3. L'âge. Le contrat d'assurance doit prendre fin avant votre 71e anniversaire.

La troisième condition est décisive après 60 ans. Un emprunteur de 64 ans qui emprunte sur dix ans termine à 74 ans : la grille ne s'applique pas à son contrat, même si sa pathologie y figure. Sur six ans, elle s'applique.

Que se passe-t-il si votre pathologie n'est pas dans la grille ?

Votre dossier est examiné au cas par cas, en trois niveaux prévus par la convention AERAS. L'absence d'une pathologie dans la grille ne vaut ni refus ni exclusion du dispositif.

Selon Service-Public.fr, le premier niveau repose sur le questionnaire de santé général. Si vous ne pouvez pas être assuré aux conditions standard, le dossier passe à un deuxième niveau, avec un questionnaire par pathologie et l'examen du médecin de l'assureur. Un troisième niveau, confié à un groupe de réassureurs, intervient si le crédit ne dépasse pas 420 000 € et si vous avez moins de 71 ans à la fin du contrat. À chaque niveau, la proposition peut comporter une surprime ou une exclusion, et un refus reste possible.

Un mécanisme limite le coût pour les revenus modestes. Sous conditions de ressources, la cotisation d'assurance ne peut pas dépasser 1,4 point dans le TAEG (taux annuel effectif global) du prêt, indique le site de la convention. Les étapes sont décrites dans notre guide de la convention AERAS et dans la page consacrée au niveau 2.

Comment vérifier si votre situation correspond à une ligne ?

En comparant votre dossier médical au texte exact de la ligne, avec votre médecin. Le site de la convention recommande cette vérification, et elle évite deux erreurs : se croire couvert par une ligne qui exige un stade plus précoce, ou ignorer une ligne qui vous est favorable.

  1. Téléchargez la grille officielle sur aeras-infos.fr, dans sa dernière édition.
  2. Retrouvez votre compte rendu d'anatomopathologie, c'est-à-dire l'analyse au microscope de la tumeur ou du prélèvement. Il indique le type et le stade.
  3. Notez la date de fin du protocole thérapeutique. C'est le point de départ des délais pour les cancers.
  4. Faites lire la ligne par votre médecin traitant ou votre spécialiste. Les conditions sont cumulatives : une seule qui manque, et la ligne ne s'applique pas.

Si l'assureur n'applique pas une ligne dont vous remplissez les conditions, vous pouvez saisir la Commission de médiation de la convention AERAS. Elle vérifie la bonne application de la convention. Selon Service-Public.fr, elle ne se prononce ni sur le niveau des cotisations ni sur les exclusions de garantie.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Où trouver la grille de référence AERAS officielle ?
Sur le site de la convention, aeras-infos.fr, rubrique Documents de référence. Le document proposé au 10 octobre 2026 est l'édition de septembre 2023, un fichier PDF de neuf pages. L'article L. 1141-5 du code de la santé publique impose que cette grille soit rendue publique. Méfiez-vous des listes reproduites ailleurs sans date : seule la version du site officiel fait foi.
Existe-t-il une grille de référence AERAS 2026 ?
Non, pas d'édition datée de 2026 à ce jour. La dernière édition publiée par la convention AERAS date de septembre 2023, et ses modalités s'appliquent depuis le 1er septembre 2023. La rubrique d'actualités de la Commission de suivi et de propositions ne mentionne aucune révision de la grille depuis. La grille a vocation à évoluer avec les progrès thérapeutiques : vérifiez l'édition en ligne avant toute démarche.
Quelle différence entre la partie I et la partie II de la grille ?
La partie I regroupe les pathologies qui, une fois les conditions remplies, n'entraînent ni surprime ni exclusion de garantie. La partie II regroupe celles pour lesquelles l'assureur propose une couverture avec un taux de surprime maximal, éventuellement assorti de limitations de garantie. Dans les deux cas, la pathologie est déclarée au questionnaire de santé. C'est ce qui distingue la grille du droit à l'oubli.
Le droit à l'oubli et la grille de référence sont-ils la même chose ?
Non. Le droit à l'oubli concerne tous les cancers et l'hépatite virale C : plus de cinq ans après la fin du protocole thérapeutique et sans rechute, la pathologie n'a plus à être déclarée. La grille de référence concerne les personnes qui ne relèvent pas du droit à l'oubli, que leur maladie soit un cancer ou une autre pathologie. Elle prévoit des délais plus courts ou des surprimes plafonnées, pour les seules pathologies qu'elle liste.
Mon hypertension est-elle dans la grille AERAS ?
Non. L'hypertension artérielle ne figure pas dans la grille de référence, pas plus que l'infarctus, l'AVC ou le diabète. Elle se déclare au questionnaire de santé et l'assureur l'évalue selon ses propres critères. Si vous ne pouvez pas être assuré aux conditions standard, la convention AERAS prévoit un réexamen de votre dossier à un deuxième puis à un troisième niveau, sous conditions de montant et d'âge.
La grille s'applique-t-elle si mon prêt se termine après 71 ans ?
Non. Le site officiel de la convention précise que le contrat d'assurance doit prendre fin avant le 71e anniversaire de l'emprunteur, et que la part assurée ne doit pas dépasser 420 000 €. Au-delà, l'assureur n'est pas tenu par les lignes de la grille et applique ses règles habituelles. Pour un emprunteur de plus de 60 ans, la durée du prêt décide donc souvent de l'accès à la grille.

Pour aller plus loin

Cette page est informative. Elle ne remplace ni la lecture de la grille officielle ni l'avis de votre médecin, et ne constitue pas un conseil personnalisé.

Sources officielles