Senior Emprunteur

VIH indétectable et assurance emprunteur senior 2026

VIH indétectable et assurance emprunteur après 55 ans : la ligne VIH de la grille AERAS, ses conditions (CD4, durée du prêt), déclaration et recours.

Par Jérémy Chevalier Publié le Mis à jour le

Cet article fournit une information générale sur les modalités d'assurance emprunteur. Il ne remplace ni un avis médical (consultez votre médecin) ni un devis personnalisé (consultez un courtier ORIAS). La caution médicale humaine de cet article est en cours de mise en place.

Avec un VIH durablement indétectable, l'assureur d'un prêt ne peut appliquer ni surprime ni exclusion si votre situation remplit toutes les conditions de la ligne « infection par le VIH » de la grille de référence AERAS. Si une condition manque, le dossier est étudié au cas par cas. Dans les deux cas, l'infection se déclare au questionnaire de santé.

Environ 180 000 personnes vivaient avec le VIH en France en 2022 (Assurance Maladie, 27 juin 2025). Le traitement antirétroviral, pris à vie et sans interruption, vise une charge virale indétectable : le virus n'est plus mesurable dans le sang. En 2021, 93,3 % des personnes diagnostiquées avaient une charge virale indétectable, et une personne dans ce cas ne transmet pas le virus (Inserm, dossier modifié le 5 juillet 2024).

Spécificité du VIH en assurance emprunteur

Le VIH est l'une des rares maladies chroniques inscrites dans la grille de référence AERAS. Cette grille liste les pathologies pour lesquelles l'assureur ne peut appliquer ni surprime ni exclusion (partie I), ou seulement une surprime plafonnée (partie II). L'infection par le VIH figure dans la partie I de l'édition de septembre 2023, la dernière publiée sur aeras-infos.fr au 10 octobre 2026.

Ce que prévoit la ligne VIH de la grille

La ligne VIH pose des conditions cumulatives : une seule qui manque, et elle ne s'applique pas. Le tableau les résume ; seul le texte de la grille fait foi.

ConditionCe que la grille exige
Charge viraleIndétectable un an après l'instauration du traitement, et indétectable dans les 12 mois qui précèdent la souscription
Défenses immunitairesCD4 d'au moins 500/mm³ dans les 12 mois qui précèdent la souscription
Infections associéesPas d'infection opportuniste en cours ; pas de co-infection actuelle par le virus de l'hépatite B ou C ; pas de co-infection passée par le virus de l'hépatite C, sans stade de fibrose strictement supérieur à F2
Cœur et vaisseauxPas de maladie coronarienne ni d'AVC (accident vasculaire cérébral)
CancerPas de cancer en cours, ni dans les antécédents des 10 années antérieures
TravailPas d'arrêt de travail en cours ni d'invalidité à la date de souscription
AnalysesBilan biologique de moins de 6 mois dans les normes du laboratoire (foie, fonction rénale, glycémie à jeun, bilan lipidique) et marqueurs des hépatites B et C négatifs
Délai d'accès1 an
DuréeCouverture du prêt limitée à 25 ans, et 35 ans au plus entre le début du traitement et la fin du contrat d'assurance

Source : grille de référence AERAS, édition de septembre 2023, partie I, ligne « Infection par le VIH ». Conditions résumées à partir du PDF officiel, relu le 10 octobre 2026.

Trois conditions tiennent au prêt et non à la maladie. La grille concerne les prêts immobiliers et certains prêts professionnels. La part assurée ne doit pas dépasser 420 000 €. Le contrat d'assurance doit prendre fin avant votre 71e anniversaire. Après 60 ans, la durée du prêt décide donc souvent de l'accès à la grille : un emprunt sur dix ans à 64 ans se termine à 74 ans et en sort.

La grille précise aussi que ses conditions s'entendent en l'absence d'autres facteurs de risque ou d'autres pathologies, qui sont appréciés séparément. Le détail figure dans notre page sur la grille de référence AERAS.

Le VIH se déclare, même indétectable

Le droit à l'oubli ne s'applique pas au VIH. Selon le site officiel de la convention, il concerne uniquement les cancers et l'hépatite virale C, plus de cinq ans après la fin du protocole thérapeutique et sans rechute. C'est la différence entre les deux dispositifs : une pathologie de la grille de référence est déclarée au questionnaire de santé, puis l'assureur applique la grille.

Répondre exactement au questionnaire protège le contrat. L'article L. 113-8 du code des assurances prévoit sa nullité en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle qui change l'appréciation du risque par l'assureur.

Critères médicaux d'évaluation

Les critères de la grille sont publics : charge virale, taux de CD4, pathologies associées. Pour un dossier hors grille, aucun texte ne liste ce qu'un assureur regarde. Service-Public.fr indique seulement qu'au deuxième niveau d'examen de la convention AERAS, vous remplissez un questionnaire par pathologie et que le médecin de l'assureur peut demander des documents médicaux.

Les éléments ci-dessous sont ceux par lesquels l'Assurance Maladie et l'Inserm décrivent le suivi de l'infection.

  • La charge virale. Le premier traitement doit contrôler la multiplication du virus en six mois au plus (Assurance Maladie, 26 juin 2025).
  • Le taux de lymphocytes CD4, des cellules de l'immunité. Le traitement vise plus de 500/mm³ ; un taux normal se situe entre 600 et 1 200/mm³ (Inserm).
  • La date de début du traitement et sa régularité.
  • Le moment du diagnostic. Selon l'Inserm, 35 % des personnes traitées gardent moins de 500 CD4/mm³ ; un traitement commencé tard rend cet objectif plus difficile à atteindre. Sous ce seuil, la condition de la grille n'est pas remplie.
  • Les autres infections recherchées lors du suivi et les pathologies associées.

Pièces médicales clés du dossier

Les pièces utiles sont celles qui prouvent, dates à l'appui, que les conditions de la grille sont remplies. Les réunir avant la demande évite des allers-retours avec le service médical de l'assureur.

  • Un courrier de synthèse du médecin qui suit l'infection, daté, précisant la date de début du traitement et l'évolution.
  • L'historique des charges virales et des CD4, avec les dates des analyses.
  • La liste des traitements en cours.
  • Les résultats des recherches d'autres infections.
  • Un bilan cardiovasculaire récent, s'il existe : la grille exige l'absence de maladie coronarienne et d'AVC.

Les conditions de la ligne VIH sont médicales et cumulatives : votre médecin peut comparer votre dossier au texte exact de la grille avant le dépôt de la demande.

Quelle surprime attendre avec un VIH indétectable ?

Aucune, si toutes les conditions de la grille sont réunies : la partie I de la grille de référence interdit la surprime et l'exclusion liées au VIH. En dehors de la grille, aucune source publique ne permet de chiffrer une surprime : il n'existe ni barème officiel, ni relevé de devis publié. Nous ne publions donc pas de pourcentage.

SituationConséquence possible
Toutes les conditions de la ligne VIH remplies, prêt dans les limites de la grilleNi surprime ni exclusion liée au VIH
CD4 inférieurs à 500/mm³ ou charge virale détectableHors grille : étude individuelle ; surprime, exclusion ou refus possibles
Infection opportuniste en cours, co-infection par une hépatite B ou C, maladie coronarienne, AVC, cancer en cours ou datant de moins de 10 ans, arrêt de travail en cours ou invaliditéHors grille : étude individuelle
Couverture demandée de plus de 25 ans, part assurée supérieure à 420 000 €, ou fin de contrat après le 71e anniversaireGrille non applicable : étude individuelle
Autre pathologie ou facteur de risqueApprécié séparément, y compris dans la grille

Première ligne : grille de référence AERAS, édition de septembre 2023. Lignes suivantes : lecture éditoriale, non issue d'un relevé de devis.

Hors grille, votre demande suit les trois niveaux d'examen de la convention AERAS. Ces niveaux sont une procédure de réexamen, pas un classement des maladies : si le tarif standard est refusé au premier niveau, le dossier passe au deuxième, puis au troisième sous conditions de montant et d'âge.

Une limite chiffrée existe pour les revenus modestes. Le dispositif d'écrêtement de la convention AERAS plafonne la cotisation d'assurance à 1,4 point dans le taux annuel effectif global du prêt. Il est réservé aux foyers dont le revenu ne dépasse pas 1 fois le plafond annuel de la sécurité sociale pour une part fiscale, 1,25 fois pour 1,5 à 2,5 parts, et 1,5 fois à partir de 3 parts. La part assurée ne doit pas dépasser 420 000 € et le contrat doit s'achever avant le 71e anniversaire (aeras-infos.fr).

Quels assureurs étudient ce type de dossier ?

Tous ceux qui proposent de l'assurance emprunteur : la convention AERAS est signée par les pouvoirs publics, les fédérations professionnelles de la banque et de l'assurance, et des associations de malades et de consommateurs. La grille de référence et le réexamen en trois niveaux ne dépendent donc pas de l'assureur choisi.

Trois voies existent. Le contrat de groupe de votre banque, proposé avec le prêt. Un contrat individuel souscrit auprès d'un autre assureur, ce que l'on appelle la délégation d'assurance. Ou un courtier, qui présente le même dossier à plusieurs assureurs.

Nous ne publions pas de classement des assureurs sur le VIH : aucune donnée publique ne permet d'en établir un. Hors grille, les décisions varient d'un service médical à l'autre, ce qui justifie de présenter un dossier identique et complet à plusieurs assureurs, puis de comparer les propositions écrites.

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Recours en cas de refus

La première démarche consiste à demander les raisons du refus, puis à vérifier le niveau d'examen atteint. Lorsque la demande est refusée, l'assureur doit vous en indiquer les raisons (Service-Public.fr, vérifié le 7 mai 2025). Le site officiel de la convention précise que vous pouvez demander par écrit au médecin de l'assureur les raisons médicales du refus, et que la décision doit indiquer à quel niveau il est intervenu.

  1. Vérifier si la grille aurait dû s'appliquer. Si vous remplissez toutes les conditions de la ligne VIH et que l'assureur ne l'a pas appliquée, la Commission de médiation de la convention AERAS peut être saisie. Un modèle de saisine est disponible.
  2. Vérifier le niveau atteint. Un dossier refusé au premier niveau est transmis au deuxième. Le troisième niveau suppose une part assurée d'au plus 420 000 € et un contrat d'assurance qui s'achève avant votre 71e anniversaire.
  3. Présenter le dossier à d'autres assureurs. Une décision ne lie que l'assureur qui l'a prise.
  4. Étudier des garanties alternatives avec la banque. Service-Public.fr cite un contrat d'assurance-vie déjà souscrit, la mise en gage d'un portefeuille de valeurs mobilières ou une hypothèque sur un autre bien immobilier.

Une limite à connaître : selon Service-Public.fr, la Commission de médiation n'est pas compétente pour le niveau de la surprime, ni pour les limitations et exclusions de garantie. Elle vérifie que la convention a été appliquée, pas que le prix est juste.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le VIH ouvre-t-il droit à l'oubli ?
Non. D'après le site officiel de la convention AERAS, le droit à l'oubli ne concerne que les cancers et l'hépatite virale C, plus de cinq ans après la fin du protocole thérapeutique et sans rechute. Le VIH, même indétectable depuis longtemps, se déclare au questionnaire de santé. Il relève d'un autre dispositif, la grille de référence AERAS, qui interdit sous conditions la surprime et l'exclusion.
Une exclusion virale est-elle systématique ?
Non. Si vous remplissez toutes les conditions de la ligne VIH de la grille de référence AERAS (édition de septembre 2023, partie I), l'assureur ne peut appliquer ni surprime ni exclusion liée au VIH. Hors grille, aucun texte ne rend l'exclusion systématique : la proposition peut comporter une surprime ou une exclusion, et un refus reste possible. Lisez la proposition écrite, où toute exclusion doit figurer clairement.
Quelles alternatives en cas de refus d'assurance pour VIH ?
Vérifiez d'abord si la grille de référence aurait dû s'appliquer : si oui, la Commission de médiation AERAS peut être saisie. Sinon, vous pouvez présenter le dossier à d'autres assureurs, puis étudier des garanties alternatives avec la banque. Service-Public.fr cite un contrat d'assurance-vie déjà souscrit, la mise en gage d'un portefeuille de valeurs mobilières ou une hypothèque sur un autre bien immobilier.
Quels marqueurs biologiques comptent pour le VIH ?
Deux mesures figurent dans la grille de référence AERAS (édition de septembre 2023) : une charge virale indétectable un an après le début du traitement, et un taux de CD4 d'au moins 500/mm³. La grille exige aussi l'absence d'infection opportuniste en cours, de co-infection par une hépatite B ou C, de maladie coronarienne, d'AVC, de cancer dans les 10 années antérieures, d'arrêt de travail en cours et d'invalidité, ainsi qu'un bilan biologique normal de moins de 6 mois. Un historique daté de vos analyses permet à l'assureur de le vérifier.
La grille AERAS s'applique-t-elle au VIH après 60 ans ?
Oui, si le contrat d'assurance prend fin avant votre 71e anniversaire et si la part assurée ne dépasse pas 420 000 €. La ligne VIH limite en outre la couverture du prêt à 25 ans, et à 35 ans la durée entre le début du traitement et la fin du contrat. À 62 ans, un prêt sur huit ans entre dans la grille ; un prêt sur dix ans en sort. Le dossier est alors étudié au cas par cas.

Pour aller plus loin

Sources et références

Sources consultées le 10 octobre 2026, avec ce que chacune fonde dans cette page.

Sources officielles